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 sixième jour

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MessageSujet: sixième jour   Dim 9 Juin 2013 - 8:25

Naji a beau être chiant, il a tenu parole. à Sept heure tapante je l'ai entendu se lever, partir dans la cuisine et rapporter le thé, les crêpes, le miel et l'huile d'olive préparés par sa mère levée, elle, sans doute depuis deux bonnes heures déjà.

Il faisait beau. En levant la tête je pouvais apercevoir le petit carré de ciel, bleu laiteux et zébré de turquoise, découpé dans le puits de lumière de la terrasse qu'un peu de linge animait au gré d'un vent léger.

ça allait être une belle journée. En dépit de la soirée d'hier que j'avais vécu comme une galère je m'étais réveillé avec des moutons dans la tête, de la paille, un petit homme très doux m'apportant des dates, et ce matin Naji m'apportant le thé en contre jour. Embué de sommeil que j'étais dans mes couvertures je le trouvait beau. Ce mec était bâtit comme un colosse. J'ai repensé à une de nos étape en VTT dans le moyen Atlas où, au hammam du village de EL Khebab, perché à 1600 m d'altitude, il m'avait massé deux heures durant jusqu’à me mettre la peau à vif. J'en étais ressorti complètement shooté, titubant dans les ruelles éclairée par une pleine lune transformée en lanterne magique qui redessinait ce village rien que pour moi. J'ai beau maudire Naji à chaque fois que nous sommes ensembles, un truc qui échappe à tous ce que je connais des rapports humains m'attache à lui. Je crois que Simo et Patrice ressente la même chose vis à vis de Naji. ça fait partie de ce qui nous lie, tous les quatre... Magic Naji!!


Après trois verres de thé, un croissant, deux crêpes et un grand verre de jus d’orange j’ai replié mes couvertures. La mère de Naji est descendue de la terrasse où elle étendait le linge pour me saluer, longtemps, sa main entre les deux miennes. Elle me parlait arabe et moi en français, mais on se regardait. On prends l’habitude d’allumer ses yeux dans ce pays.



Nous avons attendu le bus sur le Boulevard Al Wahda Al Ifriquia. Nous n’étions pas aussi nombreux qu’hier soir. Les épiciers ouvraient leur échoppe. Des artisans de toutes sortes étaient depuis longtemps à pied d’œuvre. De nombreuses petites carrioles monstrueusement chargées et tirées par de petits âne pelés ou de maigres chevaux se dirigeaient vers le marché de gros, derrière l’immense cimetière de Sidi Othmane.



Depuis le bus, je tentais avec plus ou moins de réussite d’identifier les quartiers traversés : Hay El Farah, Derb Chorfa, Derb Carlotti, Habbous, Mers Sultan… Combien de fois faudra t il que je revienne ici pour m’orienter dans cette cité dont l’extention ne semble limitée que par l’océan, et encore, la grande mosquée n’a t elle pas montré l’exemple de la conquête maritime en s’avançant au delà de la corniche pour briser les vagues ?


…10h du mat à l’atelier. Naji est resté un peu avec nous. Il a discuté de son appareil avec les stagiaires. Puis il est reparti. Normalement il sera avec Simo pour m’emmener demain à l’aéroport. Il n’a pas réessayé de me demander du poignon. Je suis un peu soulagé de le voir s’en aller. Vraiment ambigu comme truc !...



10h du mat. Niama vient d’arriver. Youssef et Tarreck travaillent encore dans la grande salle de l’atelier sur ses emboîtures. Sa mère et elle se sont assises dans un des deux petits box attenants à la salle d’essayage. Niama ne manifeste aucune impatience. Le paquet de bonbons est ouvert à coté d’elle. Elle suspend le temps en mâchouillant. Ils ne parlent pas français. Un peu mal à l’aise je retourne auprès de Tarreck et Youssef pour participer aux finition qui permettront un nouvel essais.



Pendant ce temps, Hanane entre dans l’atelier, détendue et souriante sous son voile foncé. Elle salue d’un petit geste de la main et prends place dans le deuxième box. Les deux femmes se mettent à parler. Niama reste dans sa bulle.



Brahim ne viendra qu’en début d’après midi. En principe c’est avec lui que nous finirons cette formation.

Pendant que Malika et Bouchra verrifient l’ajustement des emboîtures de Hanane dans le box, nous aidons Niama à s’installer sur la table d’examen de la salle d’essais afin d’évaluer les siennes. Un avantage pour nous ; grâce à l’initiative de Youssef et Tarreck les montages sont déjà faits. Il suffira d’afiner… Si les emboîtures sont utilisables…

… Elles semblent encore un peu larges mais grâce à l’adjonction de deux épaisses chaussettes de coton l’ajustement est correct. Nous aidons Niama à se mettre sur ses deux pieds prothétiques en face des barres parallèles qui l’aideront à se tenir droite lors de ses premiers pas.

Et Niama marche. Ça n’est pas plus rapide qu’avec ses vieilles prothèses, ce serait même plutôt un peu plus lent, mais il faut du temps pour s’adapter à un nouveau volume et nos ambitions était devenue hier assez minimalistes pour nous satisfaire de ce premier résultat.

« -tu es bien ? » Interroge Tarreck en arabe. « -Tu n’as pas mal au bout ? »

Niama fait non de la tête tout en continuant à marcher. Je m’adresse à Tarreck :

«- Demande lui si elle se sent partir plus en avant ou en arrière »

Même non de la tête. Tarreck décompose la question en deux et Niama répond deux fois non, en souriant cette fois, comme s'il s'agissait d'un jeu. Sa mère qui est restée assise près du box l’interroge à son tour et nous livre sa réponse, visiblement soulagée.

« -Elle dit qu’elle est bien, qu’elle n’a pas mal, et que c’est mieux pour marcher »

Soulagement général. Patrice qui vient de nous rejoindre commente sobrement :

« Bon, c’est pas mal. On va en rester là. Moi je la ferai venir la semaine prochaine pour finir les résines et puis je vais la suivre régulièrement. Ils sont de Casa. De toute façon ils connaissent le chemin pour venir ici en cas de problème. Niama est une habituée. »

Niama et sa mère prennent congé un peu avant midi après nous avoir souhaité la bénédiction de Dieu. Je regarde Niama s’éloigner en donnant la main à sa mère avec un mélange de soulagement et de pincement au cœur : j’ai du mal à croire que ses emboîtures tiennent aussi bien qu’elle en ont l’air sans aucun surplomb dans leur forme pour les retenir ni un autre moyen pour les accrocher. De plus, je suis à peu près sûr que d’ici quelques jours Niama s’enfoncera un peu plus dans ses prothèses, qu’une autre chaussette sera nécessaire pour éviter à l’extrémité des tibias de toucher les fond des emboîtures.

Je crois que Niama à tout fait pour nous donner satisfaction, à nous, à sa maman. C’est un truc que j’ai déjà ressenti étant gosse. Je me demande même si ça n’est pas commun à tous les mômes : se conformer aux aspirations des adultes, au pire pour ne pas être une gêne, au mieux pour provoquer un regard ou un sourire. Je crois qu’un enfant est prêt à tout pour ça. Je crois que Niama retient ses emboîtures de ses faibles muscles tout en assurant sa marche rendue encore plus lente par cet effort. Je sais que nous n‘avons pas la possibilité de faire mieux durant cette formation. J’ai l’impression d’être complice d’une tromperie invisible et d’avoir volé une bénédiction facilement reçue. Je me console en reportant un peu d’espoir sur les moulages pris en vue de la confection des manchons en silicone sur mesure que je me promets d’envoyer rapidement à Patrice depuis la France à mon retour.

Pendant ce temps Hanane marche dans la cour, totalement décontractée.


Hanane se ballade dans la cour et je suis sur le cul!

Après Hammed, Samir, Brahim, les deux prothèses fémorales de Hanane sont réussies. Bien sûr Niama continue, et continuera sans doute longtemps, de poser un problème d'appareillage, mais tout à l'heure, lorsque Brahim sera venu rechercher ses appareils nous aurons réalisé 10 prothèses. Bien sûr Patrice aura encore du travail d'ajustage et de suivi mais le résultat immédiat est étonnant.
Cela ne ressemble pas à mon expérience quotidienne en France. L'écart d'adaptation des personnes entre ce que je vois depuis hier et ce que je vis là bas bouscule mes repères.

C'est quoi le truc?... Ca ressemble à un accueil du moment présent. Tu es dehors et l'alternance d'ombre et de lumière claque partout dans les rues. Tu es traversé par les odeurs, la pluie, le soleil, la couleur des étals. Tu entre dans une maison ou un bidonville et on te sert le thé. Tu es l'instant présent qu'on accueille, avec soin et respect. Y a un mot que j'apprends chaque jour ici: la dignité. Préserver la beauté humaine des mesquineries de la vie et rester disponible au présent... Je regarde Hanane, ses yeux noirs derrière son voile sont cernés, doux, résolus, calmes. J'ai croisé beaucoup de ces regards ici. Si, comme l'a écrit le philosophe Michel Serre dans ses "Petites nouvelles du monde"; "Seule l'infinie faiblesse crée de la beauté", cette beauté en retour est une force infinie.

Hammid et Rachid viennent de terminer les mousses qui donnerons aux appareils la silhouette des jambes. Nous recupérons les anciennes prothèses de Hanane désormais inutiles. Comment à t elle pu marcher avec ça?! Les articulations ont pris un jeu énorme. Les pieds sont disloqués, des chiffons servent de callage dans les emboitures. Il n'y a que les tubes et les pièces de liaisons qui soient récupérables. A coté, les modestes prothèses que nous venons de réaliser font figure d'appareils de luxe. Elle devait vraiment souffrir avec les autres.

Je n'ai pas pu m'en empêcher: J'ai serré mes deux mains sur les épaules de Hanane pour lui dire aurevoir et lui souhaiter bonne chance.

Elle nous à dis merci avant de sortir par la porte du garrage d'où nous l'avons regardé partir. Nous sommes ensuite partis manger après avoir prévenu Brahim que nous ne pourrions le recevoir qu'à partir de 14h30. La matinée avait un peu étendu son territoire aujourd'hui.


... Lorsque Brahim s'est pointé nous étions déjà tous en position relax. L'inquiétude de l'échec que chacun avait porté plus ou moins en lui durant la formation avait laissé la place à une joyeuse tranquilité qui aurait pu provoquer quelques étourderies si Brahim n'avait eu à la fois l'expérience de l'appareillage, une perception discrète de l'humour et beaucoup d'intelligence.

Sans vraiment sortir de son habituelle réserve il commentait ce dernier essayage de sorte que chacun pouvait comprendre les exigences liées au port d'une prothèse canadienne et d'une fémorale pour désarticulation de genou. C'était une aubaine pour nous car Brahim était le seul patient de la formation à être porteur d'une désarticulation de la hanche.

Et puisque chacun était désormais disponible, chacun profitait des derniers réglages.

"-Je sens un manque d'appui sur l' extérieur du pied et mon genou part sur le coté...

-Cette fois c'est bon mais je suis trop sur le talon. J'ai l'impression de partir en avant...

-Il faut baisser encore le bord de l'emboiture à droite: ça porte un petit peu sur les côtes...

Et à la fin:

-C'est bon comme ça."

On venait de terminer. Je me suis soudain senti très, très léger. Alors j'ai sentit comme un flasche: Brahim était un des enfants que nous avions appareillé durant la première formation à laquelle j'avais participé 9 ans plus tôt.Il était alors agé de 5 ans. Les gestes effectués alors me sont revenus en vrac à la mémoire, et avec eux les stratagèmes improvisés pour faire face au manque d'éléments prothétiques pour les enfants (retourner un genou pour en faire une pièce de hanche par exemple). Je me suis souvenu de mes inquiétudes quant à son avenir physique et social égard à la pauvreté de son milieu d'origine. Doutes aiguillonnés lorsque de retour en France, alors que je leur racontait cette expérience tellement bouleversante pour moi (la formation s'était étalée sur un mois et 29 appareils avaient été réalisés par 20 stagiaires) mon encadrement avait tenu ces propos:

"-Tu verras que maintenant que tu es partis chacun va retrouver son quotidien et qu'il n'y aura aucun suivi d'appareillage. C'est comme ça dans ces pays là: sitôt que tu as le dos tourné plus personne ne fait rien."

ça m'avait fait mal. Mais aujourd'hui Brahim était la preuve qu'il ne'n était rien. Des familles accompagnaient leurs enfants. Patrice avait repris chaque appareil lorsque cela lui avait été demandé. Les enfants étaient devenus ado avec des rêves et des difficulté. Les petites ailes greffées sur Brahim avaient grandis. Quatre années après ce nouvel appareillage il serait admis dans une école d'ingénieur à Rabat pour la plus grande fierté de ses parents, et surtout de la sienne. J''ai repensé à Mohamed, venu lui aussi se faire appareiller lors de cette première formation à l'age de 20 ans, et à Bernard, le directeur des anciens combattants qui allait s'investir pour lui bien au delà de ll'exigence de ses fonctions en recherchant pour lui sponsors et matériel de compétition.
Un engagement simple derrière le protocole obligé dans un département de l'ambassade régnait ici. Je comprenais pourquoi je m'y sentais si bien.

Brahim m'a confirmé que lui m'avait reconnu depuis le début. Ca n'était que la quatrième fois qu'il changeait ses appareils à chaque fois" usés jusqu'à la corde" mais qui l'avaient suivis jusqu'à présent durant s croissance. C'était ttrop bien de finir là dessus...


...Débriefing. Salle de réunion. Bernard. Denise. Patrice. Les stagiaires. Moi.

Passage obligé. Ca m'a toujours emmerdé les débriefings. Félicitations. Couplet franchouillard. On excuse l'habituelle absence du représentant du ministère de la santé marocain. On se glorifie d'avoir été utile. Les stagiaires font part du plaisir éprouvé durant la formation, combien celle ci fut riche en enseignement, regrettent qu'ils n'y ait pas eu de power point de présentation au début et un poste suplémentaire de résine dans l'atelier. Il veulent revenir une autre fois. Bénéficier d'une formation sur les amputation de membres supérieurs.
On répond. Je n'ai aucune sympathie pour les power point. Le membre supérieur n'est pas une priorité en regard des faibles moyens ici. l'atelier n'est pas extensible.

Les formation peuvent être infiniment variées d'une année sur l'autre. Le débriefing est toujours le même.

Je glisse à l'oreille de Patrice.

"-Dès qu'on termine, tu peux téléphoner à Abdelmagil? Je lui prends son vélo.

-Ok."

On fait péter le Fanta et le Coca. Echange d'adresses. On se reverra, c'est sûr. On s'écrira. On se quitte, quoi. La semaine est finie.




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MessageSujet: Re: sixième jour   Mar 11 Juin 2013 - 6:27

Il fallait rincer le Fanta. Patrice m'a proposé une Spéciale.

"-Je viens d'avoir Abdelmajil; il a les roues et te prépare le vélo. On peux passer dans une heure.

-Waouuuuuhh!!!! le pied!"

On a pas tenu une heure. On est redescendu au magasin de l'atelier pour chercher un carton de fauteuil roulant pour le voyage du vélo dans l'avion et le train. Puis direction les Habous pour chercher la bête, non sans avoir fait une halte devant un distributeur de billets Boulevard Zerktouni.

Majil bossait devant son échoppe, toujours placide et méticuleux, un petit sourire au coin de la bouche et la cigarette dans l'autre.

"-Bonjour les amis!

Le Canyon était là, superbe, et les roues en carbone juste à coté.

"-Et voilà les roues; Zipp à boyaux en parfait état!

-Tu les fait à combien?

-trois milles.

-et le vélo?

-onze milles.

-Si je prends les roues d'origine et celles là tu me fait l'ensemble à combien?

-Quatorze milles.

-et sans les roues d'origine.

-treize milles.

-Je te donne douze milles et tu me laisse les roues d'origine avec.

-treize milles cinq cents. Le vélo est presque neuf et ce sont de bones roues...

On est tombé d'accord sur douze milles sans les roues d'origine après encore quelques palabres. C'est tout ce que j'avais sur moi de toute façon. J'avais le coeur qui battait trop vite. J'étais heureux comme un enfant au pied du sapin.

Majil a compté les billets avant de me redonner deux cents Dh. J'avais laissé avec la grosse liasse un billet oublié qui traînait dans le fond de ma poche. J'ai eu peur un instant qu'il croie que je teste son honnêteté.

"Majil, je t'ai amené mon livre des 10 000 bornes. Quand j'aurai fait ma traversée des Alpes avec le Canyon j'écrirai un autre livre et il y en aura un pour toi."

Il avait toujours son sourire un peu narquois mais ça lui plaisait bien je crois.

"-Majil. Je suis très content.

-Tu es content? C'est bien!"









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MessageSujet: Re: sixième jour   Mer 12 Juin 2013 - 6:12

On a fêté le vélo à la spéciale. Je sais pas si tu t'es déjà mis en quête de bière à Casa un samedi à 7h du soir mais je te jure que t'as vécu pour rien si c'est pas le cas:

déjà faut connaître le dealer, vu que tu vends tout ce que tu veux à Casa mais que faut conserver un mimnimum de décence vis à vis du très haut qui ne supporte pas une goutte d'alcool. Pas de signe ostentatoire sur la devanture, donc. A toi de deviner.

Bon, c'est vrai que c'est pas top dur le samedi soir car tu repère assez facilement le mouvement de foule devant le pas de porte.

Mais c'est à l'intérieur que ça te fout le tournis: au placide vendeur du midi ont été adjoints quatre autres types en comparaison desquels les petites ouvrières du textile de la banlieue de Shangaïe faisant des heures sup sembleraient travailler au ralenti. Je n'ai jamais vu de gestes exécutés si rapidement ni des biffetons tomber aussi vite dans une caisse enregistreuse.

On a pas eu exactement les bières qu'ont voulait mais le modèle légèrement plus cher à qualité égale. Pas grâve. Tu ressort de toute façon de là dedans avec l'impression d'être un miraculé, et le poids de ton sachet en plastique au bout de ton bras plaide devant ton esprit étourdis que ça n'était pas qu'un rêve.

On a bu nos spéciales à notre santé, à la formation, au vélo, et à Simo qui nous a rejoins vers 20h, complètement abutis par sa journée de tavail.
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MessageSujet: Re: sixième jour   Mer 12 Juin 2013 - 6:13

A dans 5 jours. Je m'offre une pause parisienne et un congré d'orthopédie Very Happy
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catherine
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MessageSujet: Re: sixième jour   Mer 12 Juin 2013 - 14:15

Bonne escapade parisienne Jean Luc à bientôt !
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MessageSujet: Re: sixième jour   Lun 17 Juin 2013 - 7:01

Avec simo on est redescendus aux ateliers pour admirer le vélo. Simo n'arrêtait pas de le soulever: il rendait pas moins de 4 kg au Viper que je lui avait rapporté de France quatre ans plus tôt.

"-Putain c'est pas possible comme c'est léger! c'est un vélo comme ça qu'il me faudrait pour mes triathlons.

 -Tu mesure combien Simo?

 -1m70, 1m71.

 -Y aurait pas grand chose à faire pour l'ajuster à ta taille. Si tu viens faire un triathlon en France je peux te le prêter. ça t'éviterait de trimbaler le tiens.

 -Normalement je devrais aller à Zurich l'année prochaine. Je suis entré en contact avec l'organisateur qui serait d'accord pour m'inviter si je peux avoir un visa.

 -C'est quoi comme triathlon? Un spring, un olympique?

 -Un ironmann.

 -Un ironm...!!!!! Simo, tu veux te taper 180km de vélo dans les montagnes suisses après 4km de natation et avant un marathon en fauteuil roulant????

 -Je sais pas si je pourrai le faire en fauteuil. ça dépendra du parcour.

 -ça règlerait la question: tu peux pas faire un marathon à pied.

 -On verra... c'est pas maintenant de toutes façon..."

J'aime Simo pour son refus chronique des limites mais là j'avoue qu'il m'énerve un peu. Il va finir par aterrir dans un fauteuil roulant pour le reste de ses jours si il continue. Simo ne peux pas vraiment courir à cause de l'instabilité de sa hanche et il le sait. Lorsqu'il a commencé le triathlon il voulait rien de moins que devenir le premier champion olympique de la spécialité le jour où cete discipline serait ouverte aux paralympiques. C'est toujours bien d'avoir des rêves. Il m'avait dit aussi que compte tenu des sciatalgies qui le prenait régulièrement lorsqu'il sollicitait trop son articulation de hanche il savait que son temps de sportif de haut niveau serait compté et qu'il se donnait dix ans pour y parvenir. ça me plaisait plus que tout cet engagement complet. Le problème c'est que j'imaginais Simo crever au bord de la route plutôt que d'abandonner une compétition, et si il décidait vraiment de s'inscrire à cet ironmann, ni rien ni personne ne l'empêcherait de participer au risque de compromettre sa carrière à peine commencée.

Un Ironmann, pour lui, c'était un truc de dingue mais je ne pouvais pas rester en marge d'une idée pareille.

"-Simo, si je ne peux pas t'empêcher d'aller à Zurich, je prends mon vélo, je traverse les Vosges, l'Alsace, la forêt noire, je te retrouve là bas et tu le prends pour tes 180 bornes.

 -Si tu fais ça c'est super! je pourrai prendre mon fauteuil.........."
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MessageSujet: Re: sixième jour   Mer 19 Juin 2013 - 19:23

On a laissé le Canyon et repris nos VTT pour retourner à Biné Landoun.

En chemin Simo à tenu à me faire goûter "au meilleur sandwitch de tout Casablanca" (à cause de la baguette de pain blanc, croustillante comme en France, que le monde entier nous envie) accompagné d'un énorme milk shake, aux avocats pour lui, et à la pistache pour moi.

Nous sommes arrivés chez lui rassasiés, ce qui n'a pas empèché Zarah de nous servir un plat de carottes rapées à l'orange et à la canelle.

Avec Sallah nous avons épilogué à propos du vélo et des actualités mondiales. Avant de nous coucher Simo m'a offert le DVD du film de Danny Boyle; "Slumdog millionaire", acheté au marché de Derb Ghalef, me le présentant comme le meilleur film qu'il n'avait jamais vu. Le réalisateur avait ratissé large; ils étaient des milliards sur cette planète à caresser le rêve de celui qui s'en sort par miracle.

                                           

                                                       Fin de la sixième journée
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MessageSujet: Re: sixième jour   Jeu 20 Juin 2013 - 5:41

Dernier jour
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catherine
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MessageSujet: Re: sixième jour   Jeu 20 Juin 2013 - 18:51

Citation :
 -Normalement je devrais aller à Zurich l'année prochaine. Je suis entré en contact avec l'organisateur qui serait d'accord pour m'inviter si je peux avoir un visa.

 -C'est quoi comme triathlon? Un spring, un olympique?

 -Un ironmann.

 -Un ironm...!!!!! Simo, tu veux te taper 180km de vélo dans les montagnes suisses après 4km de natation et avant un marathon en fauteuil roulant????

 -Je sais pas si je pourrai le faire en fauteuil. ça dépendra du parcour.

 -ça règlerait la question: tu peux pas faire un marathon à pied.

 -On verra... c'est pas maintenant de toutes façon..."

J'aime Simo pour son refus chronique des limites mais là j'avoue qu'il m'énerve un peu. Il va finir par aterrir dans un fauteuil roulant pour le reste de ses jours si il continue. Simo ne peux pas vraiment courir à cause de l'instabilité de sa hanche et il le sait. Lorsqu'il a commencé le triathlon il voulait rien de moins que devenir le premier champion olympique de la spécialité le jour où cete discipline serait ouverte aux paralympiques. C'est toujours bien d'avoir des rêves. Il m'avait dit aussi que compte tenu des sciatalgies qui le prenait régulièrement lorsqu'il sollicitait trop son articulation de hanche il savait que son temps de sportif de haut niveau serait compté et qu'il se donnait dix ans pour y parvenir. ça me plaisait plus que tout cet engagement complet. Le problème c'est que j'imaginais Simo crever au bord de la route plutôt que d'abandonner une compétition, et si il décidait vraiment de s'inscrire à cet ironmann, ni rien ni personne ne l'empêcherait de participer au risque de compromettre sa carrière à peine commencée.

Un Ironmann, pour lui, c'était un truc de dingue mais je ne pouvais pas rester en marge d'une idée pareille.

"-Simo, si je ne peux pas t'empêcher d'aller à Zurich, je prends mon vélo, je traverse les Vosges, l'Alsace, la forêt noire, je te retrouve là bas et tu le prends pour tes 180 bornes.

 -Si tu fais ça c'est super! je pourrai prendre mon fauteuil.........."

J'ai beaucoup aimé ce dialogue : Simo qui repousse ses limites encore et encore,,, et J-Luc qui adhère et s'engage à ses côtés Smile!! J'adore cet échange !
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MessageSujet: Re: sixième jour   Sam 29 Juin 2013 - 13:30

J'avais pas vu ton post Catherine. Oui, tout le bonheur de notre relation tient là dedans. C'est vraiment ce qui m'uni à vous tous.
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MessageSujet: Re: sixième jour   

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