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Association de Défense et d'Etudes des Personnes Amputées
 
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 Assumer le manque d'un membre...

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Patrice
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Nombre de messages: 56
Localisation: Saint Marcel (71)
Type d'amputation: tibiale gauche
Date d'inscription: 07/09/2007

MessageSujet: Assumer le manque d'un membre...   Mar 6 Nov - 13:58

Bonjour

Voilà le contexte de mon histoire.

En 1985, j’ai eu un accident de la voie publique et après de multiples interventions, ma jambe gauche a été sauvée. Mais marche avec 2 béquilles, botte orthopédique et surtout douleurs à mon pied. En 1993, je me suis fait amputé du pied.
En 2006, il m’a fallu me faire une amputation tibiale du fait de problèmes d’infection. Tout a fait conscient que je pouvais m’en sortir que grâce à cette nouvelle amputation, je l’ai accepté sans probléme
Actuellement, il ne se passe pas un jour où j’ai des douleurs à mon moignon avec pour conséquence une vie au quasi ralenti. Je dois avoir une nouvelle intervention en décembre pour reprendre de mauvaises cicatrices et essayer d’améliorer mon appareillage.
Outre ces problèmes liés à mon handicap, j’ai en un autre et celui-ci me « bouffe » encore plus : je n’accepte pas de me « montrer » vers les autres sans ma prothèse, j’ai peur d’aller chercher mes enfants à l’école sans prothèse, j’ai peur de sortir dans le rue sans prothèse. Peur de quoi ?: de la réaction des enfants, des gens, peur de leur éventuelle réflexion.
Quelque fois, je me raisonne et me sens prêt à affronter cela mais au dernier moment, c’est le blocage total et je ne le fais pas. Je préfère mettre ma prothèse quitte à avoir mal que de me montrer sans ma prothèse.
Alors, si vous pouvez me faire part de vos expériences sur ce sujet, si vous pouvez me faire provoquer un déclic et ainsi m’aider à surmonter ce blocage, je suis preneur.
Merci
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charles
Expert


Nombre de messages: 330
Localisation: Grenoble
Type d'amputation: Amputation tibiale gauche traumatique- prothèse REFLEX VSP (Össur), manchon 3S
Date d'inscription: 18/05/2005

MessageSujet: Re: Assumer le manque d'un membre...   Mar 6 Nov - 18:30

Bonjour,

Tu soulèves un problème hélas fréquent chez les amputés et particulièrement en France. Et il est vrai que les progrès de l'appareillage font que les amputés marchent généralement assez bien et sont presque tous appareillés, le résultat est qu'on peut avoir l'impression qu'en France un amputé çà n'existe pas !

C'est d'autant plus dur alors de sortir sans sa prothèse, les nombreux messages du forum à ce sujet en témoigne. Bref tu n'es pas le seul à en souffrir.

Je n'ai pas de solutions "miracle" pour t'aider. Tu peux lire les messages récents sur le sujet que nous avions échangés à l'initiative de Babeth. Et je trouve que son témoignage est très encourageant pour d'autres et pour toi en particulier :

Quand c'est possible, faire le "premier pas" à plusieurs est sûrement une aide. Puis après, on n'y pense de moins en moins, voire plus du tout. Je ne sais pas si quelqu'un dans ta région peut t'aider, sinon tu peux venir nous voir lors de certaines activités sportives ou nous sommes nombreux à nous promener sans prothèses (football, ski, course, etc). Et tu verras qu'on peut se sentir très à l'aise comme çà, qu'on ne choque personne (sauf quelques très exceptionnels imbéciles et en tout cas pas les enfants).

Voilà, j'espère que nous pourrons t'aider et provoquer en toi le "déclic", regarde les progrès de Babeth, en quelques semaines

_________________
Amputé tibial gauche traumatique. Prothèse : manchon 3 S, pied REFLEX VSP (Össur). Orthoprothésiste : Chabloz Orthopédie (Grenoble).
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Patrice
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Type d'amputation: tibiale gauche
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MessageSujet: Re: Assumer le manque d'un membre...   Mar 6 Nov - 19:21

bonsoir

merci de ton post et du lien avec le témoignage de Babeth. C'est encourageant.
Faire le premier pas (sans jeu de mot^^) est l'étape la plus dure. Je m'y pépare car avec mon intervention de décembre, je ne pourais pas chausser de prothése pendant au moins un mois alors il faudra bien que je me lance. Mais le blocage est aujourd'hui encore là.

Ce que Babeth ressentait, c'est à peu prés la même chose de ce que je ressens: essayer de cacher ce que l'on a plus. Avec la prothése, on y arrive mais pas sans. Mais je VEUX y arriver car aprés je suis certain que je me sentirais mieux dans ma peau. C'est pourquoi j'ai posté ce msg pour "prendre de la graine" chez mes compagnons d'infortune.
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Philippe Massé
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Localisation: Brest
Type d'amputation: tibiale gauche réalisée en 1990
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MessageSujet: Re: Assumer le manque d'un membre...   Mer 7 Nov - 7:10

Accepter une image de soit avec un membre un moins ce n'est pas facile. Il faut faire le deuil d'une vie antérieure de valide, c'est un travail long à réaliser. Nous sommes tous passés par ces phases qui ont duré plus ou moins longtemps selon notre capacité à assimiler cette situation nouvelle.
Le regard des autres, c'est vrai qu'en france tout ce qui sors de la "norme" est une curiosité, dommage que le cirque Barnum n'existe plus il aurait toujours de beaux jours devant lui pour recruter tous ces voyeurs et soit disant compatissants.
Vous avez peur de quoi? du regard des autres, c'est tout attendez vous n'êtes pas une bête curieuse, vous avez peur des questions qu'on va vous poser, des esprits compatissants faites leur savoir que leur compassion ils peuvent la garder pour la maison de retraite...
Vous n'allez pas vous priver d'une vie sociale et familiale du fait de votre handicap. Ne faites pas comme moi n'attendez pas toutes ces années pour jouir de la vie , il y aune vie après le handicap une vie professionnelle familiale et sociale...
Comme je disais sur un autre fil du forum OSEZ ....facile à dire me direz vous, mais c'est la seule solution pour vous sortir de cette ornière.

_________________
"Auf Den Matrosen Grab, Keine Rose Blumen"
"Sur une tombe de Marin, aucune rose ne fleurit".
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Patrice
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Type d'amputation: tibiale gauche
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MessageSujet: Re: Assumer le manque d'un membre...   Mer 7 Nov - 15:10

Citation:
Vous avez peur de quoi? du regard des autres


C'est tout à fait cela.
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Fred
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Type d'amputation: Femorale droite suite AVP
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MessageSujet: Re: Assumer le manque d'un membre...   Mer 7 Nov - 20:37

Bonjour BastAna

Qui sont donc ces inquiétants "autres" qui nous effraient tant ?
Quelles bonnes raisons avons nous donc de ne pas nous montrer à eux ?
Que se passerait-il s'ils nous voyaient ?

Quand on y réfléchit un peu, ces questions semblent absurdes, pourtant nous avons tous un jour renoncé à "sortir comme-ça", nous avons tous essayé de "cacher quelque chose", nous avons tous eu des réponses absurdes...

Citation:
si vous pouvez me faire provoquer un déclic et ainsi m’aider à surmonter ce blocage, je suis preneur.

Il n'y a qu'une seule méthode : Se jeter à l'eau !! Plus on retarde ce moment et plus il sera difficile de le surmonter.
Comme dans beaucoup de choses c'est la première fois qui est dure. Au début je te conseille d'être accompagné par une ou plusieurs personnes (proches, avec qui tu te sens bien, amis, famille ou tes enfants), ca permettra de détourner ton attention des autres.
Si tu le peux évite de regarder par terre, regarde le monde dans les yeux et tu en verra qui te sourient Wink
Si tu rencontre un de ces "exceptionnels imbéciles" (comme dirait Charles), et bien ignore-le... c'est lui l'imbécile, tant pis pour lui !
Tu t'apercevra vite que beaucoup de ceux que tu croise ne te remarqueront même pas... tellement ils sont pris dans leurs propres soucis !
Les enfants n'ont en général pas de réactions négatives, ils sont juste très curieux. S'ils te regardent et que tu croise leur regard fait leur un petit coucou, un sourire, un clin d'oeil... ca casse instantanément tout risque de malaise et ca fait du bien !

Voilà, tu vois c'est tout simple Very Happy ...arrête de te poser des questions et fonce !!! rambo

PS une petite astuce : prévois des lunettes de soleil, c'est fou comme ca aide de pouvoir se cacher derrière... Cool
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Patrice
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Type d'amputation: tibiale gauche
Date d'inscription: 07/09/2007

MessageSujet: Re: Assumer le manque d'un membre...   Mer 7 Nov - 22:56

Salut Fred

Merci à toi pour tous ces conseils. Ca m'aide comme les autres posts aussi, dans ma "thérapie". Je les mets dans ma petite tête, histoire de m'en souvenir le jour où je me jeterais à l'eau

@+
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vsti
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MessageSujet: Re: Assumer le manque d'un membre...   Jeu 8 Nov - 7:32

Bonjour , je suis amputée tibiale depuis 2004 et je me suis "débloquée " l'an passé. J'ai pu cotoyer des amputé(e)s lors de deux stages... beaucoup de sentiment ont afflué. j'ose dire aujourd'hui qu'au début, j'ai é prouvé de la honte, ensuite j'ai eu honte d'avoir eu honte...mais si je n'avais pas pu faire ces expériences, je n'aurais jamais pu ressentir ces moments là et je n'aurais pas pu avancer..
j'ai appris à connaitre ce que je suis capable d'oser, je suis contre l'exhibition mais j'invite à vivre comme nous pourrions vivre non amputée... nous n'avons qu'un bout en moins, point..
j'ai eu d'énormes problèmes lors des appareillages, il y avait toujours quelque chose qui n'allait pas, je maudissais la spécialiste et l'appareilleur , je ne faisais aussi aucun effort ...JE REFUSAIS!
aujourd'hui, je commence à être en équilbre "esprit et corps" et cela fait du bien, jamais je n'aurais cru y arriver.
Mes échanges avec BOUT DE VIE et ADEPA m'ont énormément aider et aujourd'hui, j'ose me montrer pour aussi imprégner l'esprit des français que le handicap existe!
Si vous voulez me joindre, demandez moi mon tél en privé
j'ai un enfant de 14 ans aujourd'hui, j'avais honte POUR lui...et aujourd'hui, une plénitude s'est installée.
Le handicap a tellement été tabou depuis des lustres .(peur, p^éché, ect..).. à nous de faire changer cette vision
Au début, c'est pratiquement un travail de tous les jours, c'est usant, déprimant mais nous avons le bonheur de pouvoir en parler et cela fait énormément de bien.
bon courage,
Véronique
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vsti
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Type d'amputation: tibiale G sur maladie rare de Buerger
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MessageSujet: Re: Assumer le manque d'un membre...   Jeu 8 Nov - 7:35

Je rectifie, j'ose me montrer en short l'été par contre, j'avoue que j'aurais encore du mal à me montrer en fauteuil roulant si tel était le cas provisoirement..
encore du travail à faire mais la solution est en nous.
amicalement
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Patrice
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MessageSujet: Re: Assumer le manque d'un membre...   Jeu 8 Nov - 9:21

Bonjour Véronique,

Merci à toi aussi pour tes encouragements. Ca me fait du bien de savoir que je ne suis pas seul face à ce probléme et que toi et d'autres ont réussi à surmonter cela.

C'est peut-être paradoxal, mais ce n'est pas mon handicap et le fait de porter une prothése que j'ai du mal à accepter (d'ailleurs cet été je portais quelque fois des bermudas avec ma prothése) mais me montrer avec une jambe en moins.

vsti a écrit:
j'avoue que j'aurais encore du mal à me montrer en fauteuil roulant si tel était le cas provisoirement

Lorsque je rentrais en permission lors de mon séjour au centre de rééducation (Les Massues à Lyon) et que je n'étais pas encore appareillé, je rentrais avec un fauteuil roulant. Et bien dans ce cas, cela me faisait rien de me montrer avec.
Je me suis fait expliqué ce paradoxe par un psy: le fait d'être en fauteuil cache le manque du membre comme le fait de porter une prothése d'ailleurs. Par contre lorsque je suis avec mes cannes anglaise, sans prothése, je suis mis "à nu" et il n'y a pas de cache pour masquer ma jambe amputée. Et là est le probléme.

Mais ça fait du bien de pouvoir parler en parler avec des personnes qui ont vécues cela et ça mets du poids dans l'autre côté de la balance, histoire de la faire pencher du bon côté
Amicalement
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vsti
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MessageSujet: Re: Assumer le manque d'un membre...   Jeu 8 Nov - 20:25

je crois, en parlant ainsi qu'à mon niveau, c'est la peur qui me prend.
1) visuellement, l'amputation me dis que nous ne sommes pas grand chose sur terre, le charnel est destructible...même si l'esprit reste ou non, encore une fois selon ses croyances..
en ca qui me concerne, j'ai été amputé pour ischémie irreversible dûe à une maladie rare et le fait de comprendre que ma chair pouvait "pourrir" , excusez moi du mot mais le fait de converser avec toi me fait surgir ces pensées sûrement enfouies mais pas encore expulsées...comme quoi il est bon de parler....

peux tu mettre des mots, des adjectifs sur "Par contre lorsque je suis avec mes cannes anglaise, sans prothése, je suis mis "à nu" et il n'y a pas de cache pour masquer ma jambe amputée
que ressens tu? je pense qu'il est bon de mettre des mots, même si cela dérange...
je me souviens que le lendemain de l'amputation, jusqu'à ce que je marche avec une prothèse, j'avais une peur viscérale de ramper, un malaise inexplicable...cela me reflétait mon impuissance, ma vulnérabilité, ect...

oui ça fait du bien de parler. au début, je n'osais pas car j'avais peur de passer pour une psy mais quand tu fais bien le tour.. beaucoup de monde aurait besoin de le faire , de s'écouter..
notre handicap nous permet peut être d'enfin faire une pose.
je ne vais pas continuer car je vais finir par me faire vraiment passer pour quelqu'un de dérangée..
bonne soirée
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babeth.flecheau
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Type d'amputation: amputation fémorale gauche
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MessageSujet: Re: Assumer le manque d'un membre...   Ven 9 Nov - 17:58

Bonjour,
Lorsque je lis les messages du Mardi 06Nov. 13H58 et du Jeudi 08Nov 7H32, dont je m'excuse de ne pas pouvoir mettre le prénom des personnes concernées car pas mis le nom,en les lisants je ne cache pas que j'ai eu les larmes aux yeux, car s'est se que j'ai vaicue. Je voudrais aussi apporter mon témoignage, pour si je le peux vous aider à votre parcours.
J'aimais la moto, mais ma mère ne voulait pas que j'en conduise, car elle m'a aidé en tant que maman pour soigner une scoliose de l'âge de 4 ans à 16 ans par des corsets orhtophédique et platre, rendez-vous sur rendez-vous près des médecins, donc pas de motos pour bousiller un dos auquel l'opération à été évitée.
Je me suis jurée que dès que je trouverais l'homme de ma vie, qu'il fasse de la moto. Mon mari n'aimait pas la motos, mais par amour il a passé la conduite, et nous avions eu une motos. Il la prenait pour se rendre au travail. Plus tard, journée surprise, de mes enfants (2 de 7 ans et 1 de 9ans), "Papa tu emmène maman à la mer en moto pour lui faire plaisir" 4h00 de trajet. Qui en revenant de cette merveilleuse journée, peu avant notre domicile, 2 véhicules (l'un derrière l'autre) en face de nous doublait une voiture. Mes enfants ont appris la nouvelle de notre hospitalisation par le CHU. Je n'ai pas accepté se qui nous étaient arrivé, et en plus de voir ces gens en fauteuil "y at-il un bon dieu sur terre, ce n'est pas normal". En salle de kiné j'ai eu beaucoup de mal à marcher avec prothèse, je refusais aussi les demandes de la kiné, j'avais tellement mal, et je pleurais à tout bout de chemin. J'avais demandé au médecin de rencontrer une femme amputé pour savoir si normal fourmillements au pied, et d'autres et d'autres questions, et cela m'a beaucoup aider d'avoir partager son témoignage, je suis toujours en relation avec elle. J'étais 6 mois interne au centre, je voyais les enfants que les Week-end, emmené par mes parents (pas tout jeune), et un an en externe. Mes enfants et mon mari s'en voulait de cette journée surprise, et de voir leur mère dans cet état. Je leur disais, que ce n'était pas de leur faute, mais la destiné. Cela fait 7 ans, et j'ai encore un de mes enfants qui à du mal à s'en remettre.
Avant de mettre la prothèse, je me déplace avec un fauteuil de bureau (en arrière avec l'aide de ma jambe) car je ne veux pas de fauteuil médicalisé, et j'ai et continue de mettre une serviette sur le moignon, je prend ainsi mon petit déjeuner, et ensuite je m'habille et si un des enfants rentre dans la chambre il voit me chausser dans la prothèse (je ne dis pas ma prothèse, car ce n'est pas ma jambe), par moment le matin je voulais la balancer, mais j'en avais besoin pour marcher, car pas à l'aisse pour béquiller, et j'avais peur du regard de mes enfants en béquilles.
Deux ans après ce drame, je me suis rendue compte que je rencontrais des problèmes de trottoirs, accès ect.. dans ma ville, donc je me suis mis en relation auprès de notre maire, et il y a eu de l'écoute, dont des choses de faite, et ça me remonte le moral, je me dit "avec cet handicap au moins tu es utile à quelque chose, que eux valides ne voyent pas", et surtout pour que toutes les personnes handicapés puissent sortir.
Mon mari m'a inscrit dans un club aquagym, car il savait que j'adorai l'eau, car du temps de la scoliose je faisais de la natation, j'étais très réticente car je n'avais pas fait le deuil, toujours à me caché le moignon, le maitre nageur m'a mis à l'aisse il y avait que 3 femmes, je me suis mise facillement dans l'eau en enlèvant au dernier moment la serviette autour de ma taille pour cacher le moignon, et là j'ai nagé, j'avais oublier mon handicap, pour moi le moignon était dans l'eau est personne le voyait. Depuis 3 ans je me suis dit "fait le partager aux autres personnes qui ont un handicap. Je me suis donc inscrite dans un club de plongée valides chez moi, 50 plongeurs, et moi avec ma serviette de bain autour de la taille. Un initiateur m'a dit "Babeth les gens te regarderons plus ainsi car on voit sous la serviette qu' une jambe, et tu marche avec cannes Anglaise, ai confiance en toi, on te regardera qu'une fois, se qui est normal, et ce serra fini. Ne crois tu pas qu'une femme forte on ne vat pas la regarder? toi même tu le ferras. Ces paroles mon bousté, plus de serviette autour de la taille. Les inisiateurs ont été obliqé de suivre une formation auprès d'un club handisport, j'ai été présente avec eux
CE N'EST RIEN MOI PAR RAPPORT A UNE PERSONNE QUI N'A PLUS SES JAMBES, et qui fait de la plongée. Moi et surtout les initiateurs valides ont à eu une très bonne leçon.
Je continue l'aguagym sans serviette autour de la taille, qu'une femme m'a dit "il était temps, s'est bien se que vous venez de faire" je l'ai remercier, car cela m'avait fait plaisir.
Depuis j'ose lorsque je me désabille mettre de la pommade devant mon mari, et non caché sous les draps, et pour lui j'ai senti qu'il attendait cela depuis très longtemps, car il voit que je suis plus à l'aisse.
En revenant de la plongée je ne peux m'empécher de faire découvrir mes exploits à ma famille, et je vois que mes enfants sont fier de moi, car ils ont de leurs copines dans mon club, et en parle au Lycée. Pour eux JE SUIS MAINTENANT COMME AVANT, et s'est très important morallement pour eux et moi même.
Et depuis 2 mois, afin d'aquérir un défis qui est très important, car j'aimerai qu'il y ai une plaquette dans les salles d'attentes des centres médicaux disant aux personnes handicapés, que le monde valides les accueille dans leur association, je me suis dit "vat plus loing, fait parler les gens valides, en faisant de la compétition avec eux" Au moment de mon inscription par appel téléphonique près du club de natation, j'ai demandé qu'ils en discutent entre eux, vue mon handicap, ils étaients surpris car pour la personne que j'avais au bout du fil cela ne causait pas de problème, ils m'ont rappellé, me faisant savoir qu'ils m'attendaient. Cela s'est très bien passée, il fallait que je fasse comme eux, le blème lorsqu'on doit tenir la planche fasse à soi pour travailler les jambes, et moi avec moignon et une jambe, je rigolais car tout le monde me dépassait. Il n'ya pas eu de pitié, de demande d'aide s'ETAIT SUPER.
Et puis il y a 3 semaines, ils m'ont inscrit avec eux pour une compétition. Il y avait 4 autres associations de natation, je me disais 'tu ne les connais pas, ça ne fait rien s'ils te regardent", j'ai plongé sur le plot, fait à ma cadence les 50 m crowl, sortie de l'eau, des félicitations. ET BIEN LA je vois une autre image des valides vers les handicapés, elle n'est pas se qu'on le croit dans notre tête. J'ai reçu un message d'un initiateur du club de plongée des handicapés, qui à su par un de ses amis, de ma présence avec des valides, et ma félicité de cette démarche, les nageurs aurrait dit "mais comment fait-elle pour nager avec qu'une jambe, s'est une bonne image de leçon pour nous qui nous nous plaignons d'un moindre bobos". sur le site "goelands de sablé" dans la rubrique Master. (photos)
DONC PAR TOUS CES MOTS, ne vous posez pas de questions comme moi je le faisais, la vie avec les valides en fin de compte et plus simple qu'on le croit. FAITES VOUS PLAISIR.
Aussi je me met en jupe, jusqu'au niveau un peu en dessous du genou, et une remarque d'un collègue de travail "tu es super, de n'avoir rien changer en toi". C'est bon morallement et pour votre famille, entourrage.
L'important aussi est de ne pas se laisser aller, se maquillé. Dans la voiture mettre de la musique.
Bisous
Babeth amputation fémorale depuis 7 ans, ayant toujours des problèmes de papiers, marche avec boiterie, douleurs le soir et nuit d'échauffements de la peau, douleurs de dos. Mais ceci ne m'empéche pas de pratiquer un loisir.
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vsti
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MessageSujet: Re: Assumer le manque d'un membre...   Ven 9 Nov - 20:37

trés beau témoignage. mais un mot me saute souvent aux yeux, c'est le mot "compétitions".
en ce qui me concerne, quand j'ai commencé à surfzr sur les assos des amputés, je lisais souvent compétition..
au début, cela m'a bousté! ensuite, cela m'a déprimé car je n'ai pas la carure ou le mental pour.. de ce fait j'ai failli abandonné le combat... aujourd'hui, j'ai réussi à trouver ma place mais que de chemin parcouru!
trés beau message concernant votre mari et vos enfants et il est vrai que dés que nous reprenons l'étincelle de vie dans notre regard, cela se répercute sur celui de nos chérubins..
à nous de ré entrainer ceux qui nous entourent, surtout les enfants dans la vie et que cette dernière peut etre belle même amputée.
bonne soirée
à l'instant même me vient à l'esprit le mot aveugle...
un fameux débat derrière ce mot..
Véronique
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Patrice
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MessageSujet: Re: Assumer le manque d'un membre...   Ven 9 Nov - 21:08

Bonsoir Babeth,

Merci pout tes témoignages et bravo pour l'élan que tu donnes

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"Les pattes du canard sont courtes, il est vrai ; mais les allonger ne lui apporterait rien." (Tchouang-Tseu]
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charles
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MessageSujet: Re: Assumer le manque d'un membre...   Sam 10 Nov - 10:15

Bonjour à tous,

J'ai lu avec beaucoup d'intérêt vos témoignages concernant cette difficulté si répandue à assumer l'absence d'un membre. Je ne rajouterai pas beaucoup de texte, je me suis déjà beaucoup exprimé sur ce sujet, par contre çà me parait important que nous soyions de plus en plus nombreux à nous exprimer sur ce sujet.

Pour apporter une nouvelle pierre, je vous invite à regarder même brièvement cette vidéo, puisque c'est l'actualité :

Deux messages (subliminaux) dans cette vidéo :

  • Il y a sur cette vidéo, plusieurs personnes qui n'auraient pas imaginé il y a un an de se promener comme çà sans prothèse, encore moins de se faire photographier et filmer .... Je pense notamment à l'un d'entre nous qui était, il y a exactement un an, au fond du trou et ne se voyait pas d'avenir avec une jambe en moins.
  • Nous jouons toujours avec des valides (il n'y a pas [encore] d'autre équipe handi debout en France) et çà se passe très bien dans le plus grand respect et le plus bel équilibre (je parle des scores Very Happy ). De plus je suis sûr que les joueurs valides sont aussi heureux que nous de ces rencontres encore trop rares.
Rassure toi Véronique, effectivement on parle (trop) souvent de compétition. Mais si elle est parfois un moteur, elle n'est pas indispensable, et le sport en loisir est possible pour tous (ou presque) et est un facteur de bien-être pour les handis comme pour les valides. Et se ballader ou barboter dans l'eau c'est un sport comme un autre ...

_________________
Amputé tibial gauche traumatique. Prothèse : manchon 3 S, pied REFLEX VSP (Össur). Orthoprothésiste : Chabloz Orthopédie (Grenoble).
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